De la déclaration au paiement des droits et taxes, les professionnels des médias sensibilisés sur les principales règles douanières applicables au Burundi.
Chaque commerçant qui importe des marchandises est tenu de les déclarer conformément aux procédures douanières en vigueur et de connaître le lieu où cette déclaration doit être effectuée.
C’est l’un des principaux messages ressortis d’une formation organisée le vendredi 2 octobre 2026 à Bujumbura par l’Office burundais des recettes (OBR) à l’intention des professionnels des médias.
L’objectif de cette rencontre était de permettre aux journalistes de mieux comprendre les procédures de déclaration des marchandises, les éléments servant au calcul des droits et taxes, les modalités de paiement ainsi que les mécanismes de contrôle douanier. La formation visait également à réduire les erreurs et les malentendus et à renforcer la transparence dans les opérations d’importation.
Cette initiative intervient dans un contexte où certains commerçants expriment des préoccupations concernant les montants à payer lors de l’importation de leurs marchandises.
Où et comment déclarer les marchandises ?
Selon Libère Karenzo, Chef de Service des douanes de l’Ouest, les procédures douanières sont notamment liées à l’intégration du Burundi dans la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui dispose d’un territoire douanier commun.
Dans le cadre des régimes applicables au sein de la région, certaines marchandises peuvent être déclarées et les droits acquittés dès leur entrée dans le territoire douanier de l’EAC, notamment aux ports de Dar es-Salaam en Tanzanie ou de Mombasa au Kenya.
Pour les marchandises provenant de pays situés en dehors de l’EAC, les formalités douanières sont effectuées conformément au régime d’importation qui leur est applicable.
À l’arrivée des marchandises au port, celles-ci sont enregistrées dans les systèmes informatiques des autorités douanières concernées. Un numéro appelé « manifeste » est alors généré et transmis au Burundi. Ce numéro permet notamment aux déclarants d’introduire la déclaration dans le système et d’y joindre les documents nécessaires au contrôle des marchandises.
La facture, un élément essentiel pour déterminer la valeur
La détermination de la valeur des marchandises constitue une étape importante dans le calcul des droits et taxes.
À ce sujet, Libère Karenzo a expliqué que la facture commerciale figure parmi les principaux documents pris en compte par les services douaniers. Elle doit être accompagnée des documents nécessaires, notamment la liste des marchandises, les informations relatives à leur origine ainsi que celles concernant l’importateur.
Une difficulté peut toutefois apparaître lorsque la valeur indiquée sur la facture est considérée comme sous-évaluée.
Dans ce cas, les services douaniers peuvent procéder à une vérification en se référant notamment à la valeur de marchandises comparables ayant été correctement déclarées et accompagnées de documents jugés conformes.
Cette procédure de réévaluation peut ainsi donner à certains importateurs l’impression que les taxes ont augmenté, alors qu’il s’agit, selon l’OBR, d’une réévaluation de la valeur déclarée.
Quels sont les droits et taxes applicables ?
Les marchandises importées peuvent être soumises à plusieurs droits et taxes, selon leur nature et le régime qui leur est applicable.
Parmi les principaux prélèvements figurent notamment le droit de douane à l’importation (DDI), dont le taux peut être de 0 %, 10 %, 25 % ou 35 %, selon la catégorie de marchandises et les règles douanières applicables.
D’autres prélèvements peuvent également s’appliquer, notamment :
- la redevance administrative de 1 % ;
- la redevance pour les infrastructures publiques de 1,5 % ;
- la taxe de sécurité de 2 % ;
- le prélèvement forfaitaire de 3 % ;
- la redevance d’intégration régionale ;
- la redevance informatique de 0,25 % ;
- la TVA à l’importation de 18 % ou 10 %, selon la nature de la marchandise.
L’OBR rappelle que ces droits et taxes ne s’appliquent pas nécessairement de la même manière à toutes les marchandises : leur application dépend de la nature des produits et des dispositions fiscales et douanières en vigueur.
Le paiement se fait également par voie électronique
Une fois les droits et taxes déterminés, leur paiement s’effectue, lorsque les conditions techniques le permettent, auprès des banques sur le compte destiné au paiement des recettes douanières, notamment à travers les mécanismes de paiement électronique.
Après le paiement, le contribuable reçoit un document attestant que les montants dus ont été versés au Trésor public.
Les marchandises peuvent ensuite poursuivre leur acheminement vers leur destination. Toutefois, un contrôle ultérieur peut être effectué afin de vérifier la conformité entre les marchandises effectivement importées et les informations contenues dans la déclaration.
En cas de différence ou de fausse déclaration, les services compétents peuvent procéder à une nouvelle évaluation et réclamer les montants supplémentaires dus. Des sanctions peuvent également être appliquées en cas de fausse déclaration ou de dissimulation.
Les médias appelés à vulgariser la digitalisation des services douaniers
Intervenant à son tour, Révérien Bahati, Commissaire des douanes, a appelé les professionnels des médias à contribuer à la vulgarisation des procédures fiscales et douanières, notamment celles liées à l’utilisation des outils numériques.
Il les a encouragés à mieux expliquer à la population le fonctionnement de ces outils et l’importance de leur utilisation dans les opérations fiscales et douanières.
Il a également insisté sur la nécessité de sensibiliser les citoyens au paiement volontaire et régulier des impôts et taxes, présenté comme une contribution au financement du développement du pays.
La formation de l’OBR met ainsi en évidence quatre éléments essentiels pour les importateurs : bien déclarer les marchandises, fournir des documents fiables, connaître les droits et taxes applicables et utiliser les outils numériques mis à disposition pour effectuer les formalités et les paiements.